Il y a urgence. Entreprises, entrons en résilience !

Paris,

Cette crise n’est pas un mauvais moment à passer, c’est un coup de semonce qui nous oblige à revoir nos comportements, fonctionnements, organisations. Si nous souhaitons continuer à aller de l’avant, nos organisations doivent désormais être résilientes, et plus seulement efficientes. Et, à écouter les dirigeants des entreprises françaises, à travers notre baromètre « Exploratoire Sopra Steria Next/Viavoice », l’heure n’est plus à la réflexion mais bien à l’action. Près de 60 % d’entre eux ont déjà transformé leur façon de faire et leur organisation pour traverser cette crise, et se préparer aux prochaines.

Entrer en résilience suppose ainsi d’actionner plusieurs leviers, concomitamment, pour créer un effet d’entrainement. Pour le dire clair, la résilience n’est pas un absolu qui corrige toutes les faiblesses par la seule action d’une réactivité à l’environnement. C’est un processus complet. Et parce que c’est un processus complet, il se charge d’une grande puissance non seulement face aux imprévus mais aussi en termes de transformation de l’entreprise, pour créer une valeur plus riche encore. J’entends par « transformer », changer les modes de fonctionnement, les comportements et les modes de régulation, se repenser pour faire face à des défis d’un genre nouveau, tout en ayant pour obsession que chaque collaborateur y trouve le sens qui le motive.

Un processus complet, en s’attachant à provoquer des mutations dans les six grands domaines qui font le fonctionnement de l’entreprise : la gouvernance, l’organisation, la culture, le management et les compétences, les processus et les pratiques, enfin le digital.

Pour chacun de ces domaines il s’agit de les faire évoluer vers plus d’agilité, mais aussi plus de responsabilité, d’autonomie, de prise d’initiative. Et faire que chacun des nouveaux comportements soit suffisamment concret pour qu’ils soient adoptés et mis en pratique quotidiennement par tous les collaborateurs.

Entrer en résilience c’est ainsi formaliser, aujourd’hui pour demain, une nouvelle conception de l’entreprise, plus agile, et non seulement des protocoles d’adaptabilité en cas de gros temps. Cette crise nous y aide, elle oblige à accélérer cette prise de conscience que peu de ce que nous avons réalisé hier, servira d’expérience pour un demain complexe et imprévisible. Elle nous oblige alors à repenser l’ensemble de nos organisations et nos façons de faire comme devant être un tout plus agile, tenant compte de notre nouvelle fragilité et dotées de principes fondamentaux : s’il n’y a plus de certitudes inoxydables, apprendre de ce que l’on fait, expérimenter plutôt que déclamer et mettre son écosystème au cœur pour, en continu, se coordonner, anticiper et partager les bonnes informations.

Entrer en résilience, c’est alors poser les nouvelles fondations de nos organisations pour aussi faire face aux défis de demain.